Tales of Zestiria

ToZ

Dev : Bandai Namco
Edit : Bandai Namco
Support : PS3/4/PC
Loc : Textes Français, Voix Anglaises ou Japonaises

Note : Testé à partir de la version PS4.

Graph : +
Tous les efforts de portage sur PS4 tombent à l’eau dès la première scène du jeu, une vision sur un bel écran rempli de verdure et l’herbe au premier plan se met à clignoter, ils auraient pu franchement mettre le paquet pour que le jeu soit propre au moins au tout début. Par la suite d’autres soucis du genre, indigne d’une PS4, saute aux yeux comme le clipping des éléments du décor. Le jeu tourne à 30 FPS, je ne suis pas un maniaque de ce genre d’information, mais c’est assez flagrant lorsqu’on aperçoit des ennemis en bout de vision, on a l’impression qu’ils bougent au ralenti (un mod de la version PC permet de débloquer les 60 FPS). Bon à part ces problèmes techniques, la direction artistique est très bonne, un gros effort sur l’anti-alliasing a été fait, l’animation des personnages est irréprochable et on retrouve avec plaisir de nombreuses saynètes et vidéos animées.

Gameplay : +
Normalement le gameplay d’un Tales of est suffisamment orignal par rapport aux autres JRPG pour obtenir une note maximal, mais là il y a trop de problème pour que ça soit le cas. Avant même de parler du gameplay en lui-même, parlons de la caméra en combat, qui a cru que ça serait une bonne idée de la fixer sur l’ennemi ciblé et non pas le personnage contrôlé ?! Du coup on se retrouve avec une caméra qui fait n’importe quoi pour suivre l’ennemi quitte à se bloquer contre les murs ou à se coller contre une mêlé d’ennemi et pendant ce temps là on ne voit rien de ce que l’on fait, c’est vraiment à se demander s’ils ont testé leur jeu, car le problème se pose assez rapidement, j’ai même eu la situation ou un ennemi était coincé derrière un buisson, la caméra dans celui-ci et les alliés incapables de le toucher (il y a effectivement une option pour zoomer en arrière la caméra, mais ça ne l’empêche pas de partir dans des délires).

Donc nous retrouvons la base du gameplay habituel des Tales of avec déplacement linéaire et Artes selon l’orientation du joystick. Le jeu s’inspire beaucoup de la version de Tales of Graces f du gameplay, c'est-à-dire une série d’artes martiaux divisé en 4 orientation de joystick et 5 artes cachés sur une autre touche, sauf qu’ils ont inversé la logique Croix et Rond, ce qui pourrait perturber certains joueurs. L’autre inspiration de ToGf, c’est que les ennemis possèdent beaucoup de type et de faiblesse et que chaque arte est orienté sur un type ou un élément, donc il faut bien connaitre ses orientations. Il faut savoir que les Artes martiaux ne peuvent pas être personnalisé, ce n’est pas vraiment un inconvénient car ça nous évite de nous perde dans le paramétrage des techniques et ainsi on peut plus facilement choisir sur quel orientation mettre les artes cachés pour être cohérent (par exemple si on sait qu’il faut faire gauche pour toucher le type oiseau avec les artes martiaux alors autant mettre un arte caché contre les oiseaux sur gauche aussi). Jusqu’ici pas trop de problème, pour lancer les artes ce ne sont pas des MP qu’il faut mais la jauge de Chaine Spirituelle (CS), qui est en fait un pourcentage et qui se recharge automatiquement lorsqu’on se défend ou esquive. Alors qu’on pourrait croire que temps qu’il y a de la jauge on peut enchainer des attaques, ce n’est pas du tout le cas, vous ne pouvez enchainer que 4 artes que ça soit mélangé entre artes martiaux ou cachés, après ça votre personnage s’arrêtera un moment avant de repartir à l’assaut, difficile de vraiment maintenant un combo dans ces situations, on est plutôt frustrer d’avoir encore de la jauge mais de ne pas pouvoir agir car le personnage à la flemme.

La grosse particularité du gameplay de cet épisode vient de la composition de l’équipe, elle marche par duo, un humain et un séraphin, contrairement à Xillia, vos actions ne sont pas lier et êtes libre d’agir chacun de son côté, mais les duos peuvent fusionner pour devenir un seul personnage plus puissant qui cumule les statistiques des 2 personnages, ceci est appeler le mode Armatus. Chaque allié séraphin correspond à un des 4 grands éléments et donc les Armatus sont fait pour correspondre à ces éléments, c’est pour cela qu’il est possible de facilement changer de séraphin grâce à la croix directionnelle et ainsi remplacer celui à vos côté par un de ceux en réserve. Ceux en stand-by récupère de la vie et votre personnage humain est KO, activer l’armatus permet de le régénérer en fusionnant, si vous annulez la fusion les PV restant seront réparti entre les 2 personnages. Sur le papier ce système est plutôt original et sympathique car il vous permet d’utiliser un peu tout le monde, mais dans les faits il peut vite devenir assez pénible. Car toutes ces actions sont aussi possible pour votre binôme, donc en gros pas la peine de vous souciez de sa vie car elle pourra revivre en activant l’armatus, mais l’IA des alliés étant particulièrement mauvaise dans cette épisode, incapable de se maintenir en vie même en leur ordonnant une défense totale, elle aura tendance à vous cramer tout cas séraphins en réserve pour sa propre survie et au moment ou vous en aurez besoin il n’en restera plus. De plus si on rajoute à ça, le gameplay semi-auto assez mal foutu (la plupart de vos attaques partent dans le vent car le personnage ne poursuit pas comme il faut l’ennemi),  la possibilité d’activer des raccourcis qui plombent le jeu sans vous en rendre compte, ou les ennemis qui deviennent intouchables sans raison (sans parler des Artes Mystiques qui ne sortent pas sans raison non plus) vous avez la droit à un cocktail de défaut de gameplay qui vous provoquera une énorme frustration.

Je reviens sur un point de gameplay que je n’ai pas expliqué, au fil de vos actions en combat, une jauge se rempli et vous gagnez des JP (Jauge de Pouvoir), de base vous êtes limités à 3 mais l’équipement pourra monter la limite à 9. Les JP servent principalement à activer l’armatus (cout 1) ou les Artes Mystiques (cout 3/4/5) mais aussi à vous soignez et renforcer vos attaques en mode armatus, de manière général il vaut mieux les économiser.

L’autre gros point technique particulier du jeu, c’est l’équipement, vos statistiques reposent d’avantage sur celui-ci que sur vos niveaux. Car chaque pièce d’équipement peut contenir jusqu’à 4 capacités, celles-ci s’affichent ensuite sur une grille en fonction de leur élément (ligne) et effet (colonne), en additionnant des capacités sur une ligne ou en complètent une colonne vous obtenez de gros effets bénéfiques, il peut donc être d’avantage intéressant de choisir son équipement en fonction des capacités présentes plutôt que leur statistique. L’équipement s’obtient principalement lors des combats normaux, tous les monstres peuvent en lâcher, vous avez ensuite la possibilité de fusionner les objets de même nom pour qu’ils s’améliorent (le classique +1, +2, +3…) mais aussi pour compiler leurs capacités. Si 2 capacités se trouvent sur le même emplacement, elles seront remplacées par une troisieme à mi-chemin entre les deux (donc pas forcément meilleurs), cette capacité sera scellé dans un premier temps, il faudra faire 5 combats avec l’objet équipé pour la déverrouiller, si vous refusionnez par-dessus avant, alors elle disparaitra complètement. Le but de tout ça, c’est de permettre de plus ou moins mettre les capacités que l’ont souhaite sur notre objet via plusieurs fusions dans un premier temps, mais concrètement en général on se contente de fusionner à tout va pour renforcer l’arme plus qu’autre chose.

C’est à ce niveau là que les modes de difficulté du jeu deviennent intéressantes, car plus vous mettez la difficulté haute, plus vous recevrez d’équipement avec des capacités meilleurs et moins vous gagnerez d’expérience, mais vu que vos statistiques reposent plus sur l’équipement que les niveaux, il faut trouver le bon compromis de difficulté qui vous arrange.

Un dernier point à évoquer, c’est le système de Point et de Seigneur de la Terre. Comme dans tous les Tales of, à chaque fois que vous terminez un combat vous obtenez un score sous la forme de points, qui en général servent pour la boutique de Grade pour faire un NG+, là aussi, mais de manière indirecte. En effet les points que vous cumulez servent dans un premier temps à augmenter le niveau de bénédiction du Seigneur de le Terre de la zone dans laquelle vous vous trouvez (PNJ qui se débloque en avançant l’histoire ou avec des quêtes secondaires). Les bénédictions sont des bonus à activer qui permettent par exemple la régénération des coffres ou d’améliorer l’effet de la nourriture (à haut niveau il y a des choses intéressantes comme la vitesse de déplacement). Mais une des fonctions les plus intéressantes des Seigneurs, c’est qu’on peut leur attribuer un Normin (la mascotte kawaii sur l’ombrelle d’Edna) préalablement capturé, chaque Normin correspond à une capacité d’équipement donc lorsque vous les attribuer, cela augmente les chances de trouver des équipements dans la zone avec cette capacité (en plus d’augmenter le niveau des ennemis), vous pourrez ainsi plus facilement compiler les capacités dont vous avez besoin.

Musiques : ++
Les sonorités du jeu sont assez similaire à celle des Xillia, mais Motoi Sakuraba n’est pas le seul compositeur sur ce titre, il est accompagné de Go Shiina. Ca apporte un peu de nouveauté, je trouvais les OST des Tales of de moins en moins intéressantes, mais celle-ci redresse carrément le niveau, pas mal de piste sont assez sympathiques en dehors des combats (le thème de Zaveid, ceux des temples, celui du bassin de Glaivend après la bataille etc…). Par contre la version occidentale s’est fait gruger la chanson d’introduction remplacée par un morceau d’instrumentale inutile.

Durée : ++
En ligne droite l’histoire est assez rapide, environ une quarantaine d’heure, si vous prenez le temps de compléter ce qui est secondaire vous pourrez atteindre les 60 heures. Ensuite s’offre à vous le donjon optionnel où la possibilité de faire un NG+. Pour les chasseurs de trophées, 2 parties suffisent donc environ 120 heures mais un des trophées à base aléatoire pourrait facilement vous faire perdre patience (putain de marron glacé xD).

Histoire : ++
La trame principale est on ne peut plus classique, remplacer les termes techniques du jeu par des termes génériques et vous obtenez le résumé de plusieurs jeux connus : Un élu (berger) accompagné d’esprit (séraphin) devra parcourir le monde et réussir des épreuves dans des temples pour obtenir le pouvoir de battre le grand méchant (seigneur des calamités). D’ailleurs si vous avez lu le dossier des clichés des RPG de FFDream, beaucoup sont présent dans le jeu. En soit ce n’est pas une mauvaise chose, ça permet de rester sur des thématiques basiques mais toujours intéressantes contrairement aux délires écologiques des Xillia.

Le gros point positif vient des personnages, pas spécialement charismatiques aux premiers abords, ils auront l’occasion d’être bien approfondis pour montrer qui ils sont vraiment et deviennent assez rapidement attachant. J’ai été assez surpris par Sorey qui arrivera à prendre des décisions difficiles alors qu’il n’en a pas l’air. Vient ensuite le débat Alisha/Rose, même si on a nos préférences, il faut avouer que ça fait sortir le scénario des classiques habituels.

Dernier point à aborder, c’est l’univers global du jeu, là par contre ça manque un peu de clarté et d’indicateur temporel. On nous fait beaucoup référence à des événements passé qui aurait pu avoir lieu il y a des siècles, mais au final ce n’est pas le cas et si on réfléchi un peu beaucoup de chose ne sont pas cohérentes car pas justifier dans le jeu, des excuses bidons pourrait faire l’affaire mais on nous les donne pas. A un moment on nous mentionne un troisième royaume au Nord, si on regarde la carte du jeu on voit effectivement qu’une grosse partie est inexplorée, mais c’est tout, comme s’ils n’avaient pas eu le temps d’inclure cette partie du jeu.

Le DLC d’Alisha :
Un DLC scénarisé sur le personnage d’Alisha es disponible en téléchargement, il était gratuit lors du lancement du jeu. Ce scénario se déroule après la fin du jeu et se concentre donc sur Alisha qui avait été un peu mise de côté. On la retrouve avec plaisir malgré une relation tendue avec Rose, par contre rapidement on se rend compte que ça ne va pas du tout parler de ce à quoi on s’attendait, rien à propos du royaume d’Hyland, le but est simplement d’apporter un épilogue au lien avec Sorey. Mais un gros problème persiste, on nous montre le retour d’un certain personnage antagoniste de l’histoire, puis c’est tout, on ne le revoit pas comme s’il était prévu pour des DLC suivant qui n’existent pas.
En dehors du scénario, ce DLC souffre d’un énorme problème de difficulté, car les monstres utilisés sont très forts et tirés des donjons post-game du jeu de base, alors qu’on est sensé le faire tout de suite après la fin du jeu. Notre équipe étant physiquement et techniquement limitée, il devient rapidement une horreur de frustration à parcourir, j’ai même failli casser ma manette sur le premier boss, impossible de jouer dans une difficulté autre que Simple ou Normal dans des conditions normales, c’est du grand n’importe quoi.

Recommander pour :
Grand fan de Tales of

En résumé, ce Tales of Zestiria est à l’image même de la morale qu’il essaye de porter : « Tout n’est pas tout blanc ni tout noir ». Il déçoit la où il ne devrait pas (graphisme/gameplay) mais surprend là où ne s’y attendait pas (OST/scénario) pour au final une expérience qui parlera principalement aux fans de la série qui n’auront pas trop de mal à s’adapter aux imperfections du jeu. Si vous êtes un novice de la licence, il faut clairement s’orienter sur des épisodes comme Xillia ou Graces pour avoir des expériences plus intéressantes, mais si vous possédez uniquement une PS4, alors attendez un peu d’autres JRPG de meilleurs qualité vont bientôt arriver dans l’année (SO5, FFXV…).

Petite analyse personnelle, mais je pense que Bandai-Namco ont été un peu bousculé par le temps pour faire cette épisode, Xillia 2 date de 2012 au Japon, après ça ils ce sont concentrés sur des portages, remakes et surtout des localisations pour l’occident, ce pour quoi on les remercie, mais en même temps ils ont mal anticipé l’arrivé de la nouvelle génération (alors que certains concurrents avaient déjà emboiter le pas) et on du se dépêcher de terminer ce jeu qu’ils avaient sur les bras en cours de développement depuis certainement quelques temps. Résultat un jeu bien en deçà des espérances mais surtout qui laissent un peu l’impression d’inachevé comme si des morceaux du jeu avait été omis (sans même parler du gameplay qui donne l’impression de ne pas avoir été testé), ils ont intérêt à se rattraper sur les prochains épisodes, Tales of Berseria sera attendu au tournant, s’il est trop similaire ça risque de faire du mal à la licence.

Une dernière chose, pour ceux qui se demandent s’il faut regarder l’OAV (de l’édition collector entre autre) avant où après le jeu, sachez que celle-ci reprend l’intégralité du premier chapitre du jeu, donc je ne vois pas l’intérêt de la regarder avant de se lancer, mais elle est très agréable une fois le jeu fini (surtout si vous ne faites pas de NG+).